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La dépression chez les enfants et les adolescents

Malgré les croyances, le trouble dépressif est malheureusement un problème de santé mentale existant chez les jeunes âgés entre 6 et 18 ans et qui touche environ  1 à 3 % des enfants et 5 à 8 % des adolescents.  Certaines situations de vie peuvent créer une tristesse passagère et selon le contexte, ce sentiment peut s’avérer tout à fait normal.  Il ne faut pas croire qu’un enfant déprime aussitôt qu’il est triste.  Par contre, il faut être vigilant et à l’écoute si l’état perdure, si les symptômes s’aggravent et si une détresse importante est observée.  Chez les adolescents et enfants, les causes fréquentes sont celles liées aux situations d’insécurité, tels que des conflits familiaux ou la séparation des parents, des problèmes ou changements scolaires, des difficultés sociales, des problèmes au niveau de la sexualité ou lors d’un décès d’un membre de la famille. Parfois, aucun déclencheur n’est identifiable.  Il est important de voir la situation dans son ensemble et d’analyser l’intensité des changements observés.  Il est particulièrement important de parler à votre enfant si vous avez remarqué plusieurs changements qui durent depuis plus de deux semaines.

Une consultation médicale et psychologique est recommandée pour évaluer l’état de votre jeune et pour être en mesure d’écarter les autres causes possibles.  Il faut donc consulter un professionnel lorsque certains critères sont présents :

  • Un changement observable et qui perdure au niveau de l’humeur (l’enfant joyeux qui devient irritable ou en colère).  Lors de petits incidents, ses réactions peuvent être excessives, avec des sautes d’humeur ou des crises de larmes soudaines;
  • de la triste et/ou le jeune pleure souvent;
  • de l’irritabilité/agressivité qui peut remplacer la tristesse chez certains jeunes;
  • des sentiments d’inquiétude, de culpabilité, d’impuissance, de désespoir, de solitude ou de rejet;
  • l’enfant peut s’isoler, montrer moins d’intérêt pour les sports, les jeux ou d’autres activités qui l’intéressent normalement;
  • de l’anxiété comme une incapacité à rester seul;
  • des problèmes importants au niveau de l’appétit (perte ou excès), du sommeil (insomnie ou hypersomnie), de la mémoire et de la concentration;
  • l’enfant peut commencer à se plaindre de maux de tête ou de fatigue, des maux d’estomac ou cutanés et de douleurs, en général, que vous ne pouvez pas explique
  • De l’agitation ou un ralentissement psychomoteur est observé presque tous les jours (constaté par les autres, non limité à un sentiment subjectif de fébrilité ou de ralentissement intérieur);
  • Le jeune a des difficultés à plusieurs niveaux (académiques, relations sociales, relations avec les parents);
  • Le jeune peut avoir des propos qui montrent une faible estime de soi, une aversion à son égard ou un blâme personnel, en ne disant par exemple que des choses négatives à son égard.  Des propos suicidaires ou des idées de mort envahissantes peuvent être présents;
  • Le niveau de fonctionnement est altéré.  Lors d’une dépression, le sentiment de tristesse est persistant, les sentiments sont trop intenses et ils interfèrent dans la vie quotidienne de l’enfant.

Pour aider votre enfant à traverser cette période difficile de sa vie, il faut évidemment consulter un médecin ainsi qu’un psychothérapeute reconnu (vous pouvez consulter le site de l’Ordre des psychologues du Québec).  Aussi, comme parents, vous pouvez aider votre enfant en validant ce que vous observez, en vous intéressant à lui, en l’accueillant sans jugement, en étant à l’écoute, en ayant des attentes raisonnables, en félicitant l’effort plus que le résultat, en veillant à rééquilibrer l’hygiène de vie et en l’aidant à comprendre sa difficulté et à accepter les situations qu’il ne peut changer.  Vous pouvez également demander, comme parents, de recevoir de l’aide.

Carole Marleau
Psychologue

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