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Impatience et colère

Tôt ou tard, parfois ou très souvent, en privé ou en public, chaque parent sera confronté à des démonstrations d’impatience ou de colère de son enfant. L’intensité de celles-ci peut même s’avérer impressionnante. Il importe d’abord de distinguer ce qu’il en est vraiment (fait des crises, refuse d’attendre son tour, ne veut jamais perdre, veut toujours être le premier, s’impatiente pour tout…), de déterminer ensuite s’il s’agit d’un besoin réel (qui demandera alors une réponse rapide) ou plutôt d’un désir et de valider au final ce qui relève du développement « normal » de l’enfant versus ce qui s’oriente vers une problématique.

La plupart des enfants traversent des phases où ils veulent tout et tout de suite. Cette distinction aidera à cibler plus justement les interventions à privilégier. Attendre est un apprentissage. Quelques petites stratégies peuvent s’avérer aidantes :

  • Fixez des repères dans le temps : « dès que j’ai terminé le repas », par exemple.
  • Ne croyez pas que de faire attendre votre enfant trop longtemps l’aidera à patienter. Cela risque plutôt d’augmenter sa frustration… et une possible colère! Il a besoin de croire que vous donnez de l’importance à ce qu’il nomme et à ce qu’il ressent.
  • Avant d’apprendre à gérer ses colères, l’enfant doit apprendre à gérer ses émotions et à mettre des mots sur ce qu’il ressent.  La colère est un résultat.
  • Vous êtes l’adulte et votre réaction lui sert également de modèle. Lui démontrer comment se comporter dans une situation est généralement plus efficace que tout discours.
  • Lors d’une « crise », ce n’est pas le moment de convaincre votre enfant de votre amour ou, à l’inverse, de tenter de le culpabiliser. Il a droit à son émotion (fâché, triste…), mais pas de l’extérioriser n’importe comment. La discussion qui suivra la « tempête », une fois tout le monde calmé, le rassurera et le convaincra davantage. Peu importe leur nature, ce sont les comportements de violence qui ne doivent pas être tolérés et NON l’enfant ou ses émotions qui eux ne peuvent être jugés ou refusés. Il s’agit là d’une différence cruciale.
  • Évitez les questions qui n’en sont pas : « Veux-tu venir prendre ton bain ? », par exemple. Ce type de demandes suppose que l’enfant a le droit de dire non. Offrez plutôt des choix possibles : « Veux-tu prendre un bain ou une douche ? »
  • Lui dire pourquoi il doit attendre; « Parce que! » n’est pas une réponse acceptable.
  • Lui suggérer une activité pendant l’attente ou lui offrir de vous aider à terminer votre tâche.
  • Aidez-le à comprendre que certaines demandes sont acceptables, d’autres pas. Plus l’enfant vieillit, plus la négociation devient possible.
  • Évitez « l’escalade argumentaire »; dans ce cas, on ne réagit souvent plus à ce qui a déclenché la confrontation, mais plutôt à ce qui s’en est suivi.
  • Il est plus efficace de valoriser ce qui est bien que de punir ce qui ne l’est pas. Renforcez les comportements appropriés, même s’il s’agit d’un « petit » progrès.  C’est un « petit pas » qui s’ajoutera à un autre, et un autre…
  • Invitez votre enfant à penser avant d’agir; l’encourager à visualiser le panneau « stop » dans sa tête, réaliser des exercices de respiration, compter jusqu’à 5, etc.
  • L’aidez à trouver un comportement de rechange positif lorsqu’il ressent trop de colère ou d’agitation intérieure : respirer, bouger, faire du vélo, prendre un bain, colorier, etc.
  • Validez si votre enfant agit ainsi par manque d’estime ou de confiance en lui. Il faudra alors trouver des moyens de l’aider en ce sens, sans viser uniquement la gestion de l’impatience ou de la colère.
  • En situation de conflit, adoptez un ton neutre, limitez le nombre de mots et répétez les mêmes mots. Parfois un seul mot suffit.
  • Les jeux de société en famille sont un bon moment pour apprendre à attendre… et à gérer les difficultés de compétition.

Apprendre à mieux gérer ses frustrations est une partie importante de la croissance d’un enfant… et un défi pour les parents. Choisissez vos batailles et faites-vous confiance!

 

Johanne Poitras, M.Ps
Psychologue-psychothérapeute

 

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